LM pour EODE/ 2017 02 18/
Revoilà la stratégie du « choc des civilisations » (Huntington, George Friedman, etc) dans sa version proche-orientale Chiisme vs Sunnisme remise en selle.
* Lire sur Assawra :
WASHINGTON POUR UN FRONT ISRAÉLO-ARABE CONTRE L’IRAN
Mais cette stratégie est inversée par rapport aux années 1990-2005.
Dans sa première version (celle du super-ambassadeur neocon US Zalmay Khalilzad, qui l’avait théorisée) (1), il s’agissait d’utiliser la « diagonale chiite » (ou « croissant chiite ») (2), ce choc Chiisme vs Sunnisme, contre les régimes nationalistes arabes anti-américains (Irak, Libye).
Dans sa version 2017 (Kuchner, gendre de Trump, David Friedman, ambassadeur US en Israël, et les stratèges du Likud) (3), il s’agit face à la super-puissance iranienne émergente, appuyée sur l’Axe Téhéran-Damas-Hezbollah libanais (dit « Axe de la résistance ») et alliée à Moscou et Pékin dans l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai), d’opposer un Bloc sunnite pro-américain allié à Israël et aux USA …
On présente souvent à tort la plus grande rivalité au Moyen-Orient comme celle opposant les juifs et les musulmans, conflit dont l’illustration la plus récente serait les tensions grandissantes au Proche-Orient. Ce serait oublier un conflit millénaire fratricide autrement plus sanglant, et dont les répercussions expliquent en partie la montée en puissance de l’organisation État islamique. Irak, Syrie, mais aussi Liban, Iran, Yémen, Arabie saoudite ou Bahreïn, pas un jour ne passe sans que des sunnites et des chiites s’entretuent. Pourtant, ces deux populations sont bel et bien issues de la même confession : l’islam. Comment expliquer cette guerre fratricide ? Dans L’ISLAM CONTRE L’ISLAM (éditions Grasset), le politologue franco-libanais Antoine Sfeir explique pourquoi « cet antagonisme millénaire façonne tous les conflits actuels de la région. La mort du prophète Mahomet, subitement tombé malade en 632, laisse totalement ouverte la question de sa succession. Trop absorbé par les conquêtes militaires et par la prédication, le Prophète n’a pas eu le temps de désigner son successeur. Ses fidèles vont alors se déchirer sur son identité ».
LM / EODE
(1) Zalmay Khalilzad, né en Afghanistan, est un diplomate américain musulman pachtoune, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies du 23 avril 2007 au 20 janvier 2009. Membre néo-conservateur de l’administration Bush, il est l’envoyé spécial de George W. Bush en Afghanistan après la chute des Talibans en décembre 2001, et est nommé le 24 septembre 2003, ambassadeur américain à Kaboul. Du 21 juin 2005 à janvier 2007, il est ambassadeur américain en Irak, succédant à John Negroponte. Zalmay Khalilzad est membre du think tank néo-conservateur Project for the New American Century ou PNAC (en français « Projet pour un nouveau siècle américain ») et fut un des signataires de l’appel du 26 janvier 1998 demandant au président Bill Clinton de procéder au renversement par la force de Saddam Hussein et de la mise en place d’une nouvelle politique pour l’Irak. Khalilzad travailla sous les présidences de Ronald Reagan et George H. W. Bush en tant que spécialiste de l’Asie du Sud-Ouest et de l’Afrique du Nord. De 1985 à 1989, Khalilzad travaille au département d’État et suit de près les guerres en Afghanistan, entre l’Iran et l’Irak puis la guerre du Golfe en 1991. Conseiller de Donald Rumsfeld, Khalilzad vit à l’origine dans les Talibans « une force de stabilité pour le pays et d’équilibre avec l’Iran » (sic).
(2) Le géopolitologue Thual (Le croissant chiite : slogan, mythe ou réalité ?, dans la revue Hérodote, 2007) explique cette notion :
« En quoi consiste ce thème, quelle est sa valeur géopolitique et, finalement, n’est-il qu’un argument polémique ? Le thème du croissant chiite repose sur la constatation sommaire d’une continuité géographique de la présence chiite : de l’Inde du Nord et du Pakistan, en allant vers l’ouest de l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak du Sud, la Syrie et la Libye. Plus précisément, le thème du croissant chiite se centre sur la portion occidentale de cette diagonale, sur le segment qui s’articule autour de l’Iran et des pays du Golfe au sud, et vers l’ouest autour du régime alaouite syrien et la montée en puissance des chiites du Liban qui sont devenus démographiquement à peu près majoritaires dans ce pays. a base du thème de l’arc chiite consiste à considérer cette réalité comme génératrice de menaces sur la production et la circulation des hydrocarbures pétroliers et gaziers du Moyen-Orient, car beaucoup de ces (fait que l’Iran, puissance régionale, connaît une montée en puissance particulièrement importante ces dernières années, ce qui le conduit à se projeter vers la Méditerranée autant que vers le Caucase, l’Afghanistan, l’Asie centrale. »
(3) Cfr. Luc MICHEL, RENFORCEMENT DE L’AXE WASHINGTON-TEL AVIV : TRUMP EST LE PRESIDENT LE PLUS PRO-ISRAELIEN DE TOUTE L’HISTOIRE
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