# LUC-MICHEL-TV/ PODCAST GEOPOLITIQUE/ USA VS CHINE, BIDEN DANS LES PAS DE TRUMP: LA CONFRONTATION GEOPOLITIQUE MAJEURE DU XXIe SIECLE (003 – 20 03 2023)

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Podcast géopolitique/
Complément à
LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
003/ 2021 03 22/

* Le podcast sur :
PRESS TV/ LUC MICHEL
SUR ‘LE JOURNAL’ DU 20 MARS 2021/
USA VS CHINE, BIDEN DANS LES PAS DE TRUMP
https://vimeo.com/526761581

Trente ans après la disparition de l’Union soviétique, sommes-nous entrés dans l’ère d’une nouvelle guerre froide, qui opposerait cette fois-ci des États-Unis surpuissants mais déclinants à une Chine ambitieuse ?

Donald Trump s’est effacé mais son successeur, Joe Biden, a repris, quasiment mot pour mot, le discours de son prédécesseur sur la nécessité de contenir la superpuissance asiatique. Le diplomate singapourien Kishore Mahbubani, universitaire de renom, ancien ambassadeur de son pays aux Nations unies, théorise depuis longtemps les conséquences dans son livre « Le jour où la Chine commandera ». Dans ce livre dérangeant, le grand penseur singapourien analyse comment Pékin pourrait bien remporter la nouvelle guerre froide.

Face à l’axe Moscou-Pékin, de son côté, L’OTAN est en état d’alerte. Le secrétaire général de l’Otan a considéré « le resserrement des liens entre la Russie et la Chine comme un défi de plus pour les membres de l’Alliance », au lendemain de sa déclaration sur l’absence de menaces militaires directes de la part de la Russie et de la Chine.

EN ALASKA, DES ECHANGES HOULEUX ENTRE LA CHINE ET LES Etats-Unis

Il s’agit du premier sommet depuis l’élection de Joe Biden. Ses représentants accusent la Chine de « menacer » la « stabilité mondiale ».

Les deux pays avaient promis de tout se dire. La promesse a été tenue. Les États-Unis et la Chine ont étalé jeudi en Alaska des désaccords irréconciliables lors du premier face-à-face de l’ère Biden, mettant en scène une confrontation sans merci entre les deux premières puissances mondiales. « Nous allons discuter de nos profondes inquiétudes au sujet des actes de la Chine s’agissant du Xinjiang », où Washington accuse Pékin de « génocide » contre les musulmans ouïgours, « de Hongkong, de Taïwan, des cyberattaques contre les États-Unis et de la coercition économique contre nos alliés », a d’emblée énoncé le secrétaire d’État américain Antony Blinken face à ses interlocuteurs. « Chacun de ces actes menace l’ordre fondé sur des règles qui garantit la stabilité mondiale », a-t-il accusé. « C’est pourquoi il ne s’agit pas seulement de questions intérieures. »

La réponse chinoise a été tout aussi cinglante. « La Chine est fermement opposée aux ingérences américaines dans les affaires intérieures de la Chine », « et nous prendrons des mesures fermes en réponse », a prévenu le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi. À ses côtés, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a dénoncé les dernières sanctions américaines, annoncées à la veille de cette réunion contre la reprise en main de Hongkong par Pékin. « Ce n’est pas comme cela que l’on accueille ses invités », a-t-il protesté.

UN FOSSE ENTRE LES DEUX PAYS :
LA CHINE, « PLUS GRAND DEFI GEOPOLITIQUE DU XXIe SIECLE » (BLINKEN)

La ville d’Anchorage avec ses températures polaires, tournée vers le Pacifique, a été choisie comme un terrain plus neutre que Washington ou Pékin pour ce séminaire de trois longues sessions étalées jusqu’à vendredi matin. Mais les attentes étaient limitées et le ton donné par les discours d’ouverture a confirmé la profondeur du fossé qui sépare les deux pays rivaux. Leur dernière rencontre remontait à juin et n’avait pas dissipé le climat de nouvelle guerre froide qui régnait à la fin de la présidence de Donald Trump. Le nouveau président américain Joe Biden a repris à son compte l’agressivité de son prédécesseur. « son isolement sur la scène mondiale » et « une diplomatie à la fois véhémente et brouillonne », assure vouloir être plus méthodique pour « coopérer » face aux défis communs que sont le réchauffement climatique, la pandémie ou la non-prolifération nucléaire. Et surtout pour remporter la compétition stratégique avec la Chine, érigée en « plus grand défi géopolitique du XXIe siècle ».

« MENTALITE DE GUERRE FROIDE »

Le conseiller de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale Jake Sullivan a ainsi assuré que les États-Unis ne voulaient pas d’un « conflit » avec la Chine, mais étaient « ouverts à une compétition rude ». Yang Jiechi a lui appelé à « abandonner la mentalité de guerre froide », affirmant aussi ne vouloir « ni confrontation ni conflit ». Mais visiblement piqué au vif par les accusations américaines, il a très longuement reproché aux États-Unis de vouloir « imposer leur propre démocratie dans le reste du monde ».

« Ce que j’entends est très différent de ce que vous décrivez », l’a repris Antony Blinken, sortant du protocole pourtant millimétré de la rencontre pour avoir le dernier mot. « J’entends une profonde satisfaction sur le retour des États-Unis auprès de nos alliés et partenaires, mais j’entends aussi de profondes inquiétudes au sujet de certaines actions de votre gouvernement. » Un haut responsable américain à Anchorage, en Alaska, où se tient la réunion, a, de son côté, accusé les chefs de la diplomatie chinoise d’avoir fait preuve de « démagogie » et d’avoir « privilégié la mise en scène théâtrale aux débats de fond ».

PAS DAVANTAGE : « UN RESET DES RELATIONS N’EST PAS A L’ORDRE DU JOUR »

… dit un expert à l’Agence France-Presse au sujet d’une éventuelle « réinitialisation » pour sortir de la plus grave crise entre la Chine communiste et les États-Unis depuis leur reconnaissance mutuelle des années 1970.

L’administration Biden dit s’appuyer dans cette compétition sur les alliances des États-Unis délaissées par Donald Trump. À dessein, le rendez-vous d’Anchorage intervient au retour d’une visite d’Antony Blinken au Japon et en Corée du Sud, deux alliés clés où il a mis en garde le géant asiatique contre toute tentative de « coercition » et de « déstabilisation » de la région.
Ces derniers jours, les Américains avaient énuméré les sujets qui fâchent, parmi lesquels les violations des droits humains, la « militarisation » de la mer de Chine méridionale, le « vol de propriété intellectuelle », l’absence de transparence sur l’origine du Covid-19… « Une longue litanie de désaccords », selon l’expression du porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. Or, « il est improbable que la Chine change d’attitude sur ne serait-ce qu’un seul des sujets qui comptent pour les États-Unis », dit à l’Agence France-Presse Elizabeth Economy, chercheuse à la Hoover Institution de l’université californienne de Stanford. « Nous sommes dans une situation où les valeurs et la vision du monde à venir sont aux antipodes. »

FACE A L’AXE MOSCOU-PEKIN:
L’OTAN EN ETAT D’ALERTE…

La montée en puissance de la Chine, un «comportement affirmatif» de la Russie et le rapprochement entre ces deux pays présentent un défi pour l’Otan, a déclaré mardi 16 mars le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, présentant un rapport final pour 2020. «Le fait que la Chine et la Russie collaborent davantage et organisent des exercices militaires définit les futurs défis pour l’Otan. Il importe donc que l’Alliance continue de s’adapter et de réagir à une situation plus complexe dans le domaine de la sécurité», a indiqué J. Stoltenberg.

Pourtant, la veille, lors d’une conférence en ligne avec les membres de la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen, le secrétaire général avait noté qu’il « ne voyait pas de menaces militaires imminentes de la part de la Russie et de la Chine pour les membres de l’Otan ». Selon le secrétaire général, « les problèmes principaux pour la sécurité de l’Otan sont le terrorisme, les cyberattaques et le changement climatique ».

Des personnalités politiques occidentales font régulièrement des déclarations sur «une menace russe». Les relations entre l’Otan et la Russie se sont détériorées ces dernières années. Le 17 février, J. Stoltenberg a proposé de « réviser le concept stratégique de l’Alliance adopté en 2010 pour tenir compte de l’évolution de la situation et prendre en considération le développement de la Chine et la détérioration des relations avec la Russie ». La Russie a souligné à plusieurs reprises « qu’elle n’attaquerait pas un pays membre de l’Otan ». Affirmant que l’Alliance en est consciente, la diplomatie russe estime que celle-ci évoque la «menace russe» comme « prétexte pour déployer davantage de matériels et d’effectifs à proximité des frontières russes ». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a estimé que « les appels à lutter contre la Russie s’expliquaient par une crise au sein de l’Alliance en quête de nouveaux ennemis ».

Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, la mise à jour du concept stratégique de l’Otan proposée par J. Stoltenberg, qui l’explique notamment par la montée en puissance de la Chine, est « une manifestation de l’esprit de la guerre froide qui n’a pas d’avenir » …

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