LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/

Luc MICHEL pour EODE/

Flash géopolitique – Geopolitical Daily/

2017 10 23/

Il y a trois cycles géopolitiques, correspondant à trois regards différents des USA sur l’Afrique :

La période 1960-1975, où Washington est en rivalité avec la Françafrique (avec les conflits indirects entre Paris et les Anglo-saxons lors des sécessions du Katanga et du Biafra, soutenues par les Réseaux Focart) ;

La période 1975-2003, où les USA laissent à Paris le rôle de « gendarme occidental de l’Afrique » (à l’exception de zones stratégiques, sous Clinton, comme le Soudan et la Somalie) ;

La période 2007-2017, où les USA mettent en action la recolonisation de l’Afrique (création de l’AFRICOM sous Bush II en 2007-2008, lancement du « printemps africain » par Obama en 2014) ;

Paris se vassalise aux USA en Europe et en Afrique (retour de la France dans l’OTAN avec Sarkozy), la « nouvelle Françafrique 2.0 de Macron » choisie comme « nouveau Shérif de l’Afrique » (général Mattis, chef du Pentagone, à Djibouti).

* Ecouter le podcast SUR LA RADIO IRANIENNE ‘IRIB’:

LUC MICHEL ANALYSE LA RECOLONISATION DE L’AFRIQUE PAR LES USA/

sur https://vimeo.com/131875651

* Voir sur PCN-TV/

LUC MICHEL SUR PRESSTV:

USA ET FRANCAFRIQUE RIVAUX OU COMPLICES?

(MACRON, FRANCAFRIQUE ET NOUVELLE ARMEE FRANCAISE)

sur https://vimeo.com/228493598

L’ARMEE AMERICAINE ETEND SA PRESENCE EN AFRIQUE

« L’armée américaine compte modifier sa stratégie antiterroriste en Afrique », annonce l’AP.

Le secrétaire américain à la Défense James Mattis a déclaré, ce vendredi 20 octobre, devant des législateurs du Congrès, « que l’armée US entendait modifier sa stratégie antiterroriste en Afrique et qu’elle allait étendre ses opérations militaires sur le continent ». Mattis a confié, à deux hauts responsables du Comité des forces armées du Sénat des États-Unis, que « le Pentagone allait recourir à la force meurtrière contre des terroristes présumés en Afrique et qu’il allait placer l’autorité décisionnelle entre les mains des commandants américains sur place ».

Dans la foulée, le sénateur Lindsey Graham, l’un des hauts membres dudit Comité, a déclaré, aux journalistes, que « le chef du Pentagone lui avait brossé un tableau des nouvelles règles d’engagement des États-Unis en Afrique ». « La guerre change de nature en Afrique », a affirmé Lindsey Graham. Et d’ajouter : « Vous allez voir plus d’actions en Afrique, pas moins. Vous allez voir plus d’agression de la part des États-Unis envers nos ennemis, pas moins. Vous allez voir des décisions, prises non à la Maison Blanche mais directement sur le terrain. » Parmi d’autres changements que va apporter l’armée américaine à sa stratégie en Afrique, le sénateur Graham a mentionné « le recours à la force meurtrière contre un membre présumé d’un groupe terroriste, même si cette personne ne constitue pas une menace immédiate ».

Ces changements interviennent au moment où l’administration Trump se sent sous pression, de la part des législateurs, pour qu’elle fasse toute la lumière sur l’embuscade qui a coûté la vie à quatre soldats des forces spéciales américaines au Niger, le 4 octobre dernier. Les soldats américains étaient en patrouille pour rendre visite à des chefs tribaux quand ils ont été tués. Le puissant sénateur républicain (mais opposé à Trump) John McCain, en tête de la commission des Forces armées du Sénat, et homme-clé des « révolutions de couleur », a plusieurs fois demandé des explications supplémentaires au Pentagone à propos de la mort de ces soldats.

Dans la conjoncture où la Maison Blanche reste en crise sur fond de cette affaire, la crainte persiste, dans les milieux politiques, au sujet de l’extension des opérations militaires meurtrières des forces américaines en Afrique, notamment au Niger, un pays aux immenses ressources d’uranium, sous prétexte de la mort de quatre soldats américains, en patrouille.

L’US ARMY DERRIERE LE « SHERIF DE L’AFRIQUE » FRANÇAIS

Vassale servile des USA (malgré les grands airs « gauliens » des discours de Macron), la France demande aux Etats-Unis plus de troupes pour combattre Daesh en Afrique de l’Ouest …

Lors d’une visite à Washington, la ministre de la Défense Florence Parly a appelé les autorités américaines « à renforcer leur soutien aux troupes françaises combattant l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest ». « Il reste encore beaucoup à faire », a déclaré à Washington la ministre de la Défense Florence Parly, à l’issue d’une réunion avec son homologue américain James Mattis et le conseiller à la sécurité nationale américain H.R. McMaster le 20 octobre, selon l’agence Reuters. « Nous ne pouvons et ne voulons pas être les gardiens de pays africains souverains (sic). Ils doivent être capables de vaincre le terrorisme par leurs propres moyens », a ajouté Florence Parly.

Selon la ministre de la Défense, « sans le soutien militaire des Etats-Unis, la mission de sécurisation de l’Afrique de l’Ouest et de lutte contre l’Etat islamique dans la région est susceptible d’échouer ».

La force du G5 Sahel, soutenue par la France, est destinée à renforcer les capacités de sécurité des anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest : le Tchad, le Niger, le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie. James Mattis a fait savoir que les Etats-Unis « avaient envoyé environ 1 000 soldats américains au Niger afin de fournir formation et assistance en matière de sécurité aux forces armées du pays ». Washington participe dont à l’effort contre les terroristes au Niger, mais reste ambivalent envers la force sahélienne soutenue par la France et a repoussé les demandes de l’ONU cherchant à la soutenir.

LA DESTRUCTION DU PIVOT LIBYEN : CLE DE LA DESTABILISATION DE L’AFRIQUE

Des soulèvements islamistes ont vu le jour en Libye après le renversement du gouvernement de Mouammar Kadhafi (pivot géopolitique de l’Afrique saharienne et sub-saharienne) par les rebelles soutenus par l’OTAN en 2011. Après la mort de l’ex-dirigeant libyen le 20 octobre 2011, la Libye a plongé dans le chaos et la « somalisation », permettant à l’Etat islamique et à d’autres groupes islamistes d’établir des bases et d’armer leurs partisans, notamment à l’aide des armes pillées dans les arsenaux libyens.

En 2012, pyromane pompier, la France est intervenue au Mali pour stopper l’insurrection de groupes djihadistes. Quelque 4 000 soldats français restent présents dans la région dans le cadre de l’opération Barkhane, aux côtés de 10 000 casques bleus de l’ONU.

MC CAIN PERSONNAGE HOMME-CLE DES DESTABILISATIONS MADE IN USA

Après sa rencontre avec Florence Parly, James Mattis a rencontré en privé le sénateur républicain de l’Arizona John McCain, chef du Comité des forces armées et « important soutien de l’intervention libyenne », qui a réclamé des réponses au sujet de l’embuscade du Niger, survenue début octobre et dans laquelle quatre soldats américains avaient été tués par des djihadistes.  Le Pentagone avait annoncé que 40 à 50 militants islamistes avaient tendu une embuscade à une patrouille américaine de 12 hommes qui effectuait un exercice conjoint avec les troupes nigériennes près de la frontière avec le Mali le 4 octobre dernier. En sortant de la réunion, James Mattis a promis de « meilleures lignes de communication avec le Congrès ».

(Sources : IRIB – Press TV – Afp – Reuters – EODE Think Tank)

Photo :

Réunion de la ministre française de la Défense Florence Parly avec son homologue américain James Mattis et le conseiller à la sécurité nationale américain H.R. McMaster le 20 octobre …

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